L’évolution du voice commerce

Les technologies vocales (et la recherche vocale en particulier) transforment notre quotidien. Grâce aux assistants numériques qui obéissent à la voix, il est possible, par le biais des objets connectés, d’allumer la lumière chez soi ou de régler le chauffage sur un simple mot… un scénario futuriste qui semblait impensable il y a seulement quelques années. Mais les assistants vocaux permettent également d’effectuer des actions au-delà des murs du foyer, comme d’écouter les news ou de faire ses courses en communiquant simplement la liste à Siri ou Alexa.

L’évènement BIG DATA PARIS, qui se déroulera le 26 et 27 septembre 2022, aborde d’ailleurs de nombreuses thématiques liées à l’intelligence artificielle. Une occasion spéciale d’échanger avec des experts du domaine et de répondre aux questions qui vous intéressent.

Qu’est-ce que le Voice commerce ?

L’expression Voice commerce désigne le fait, pour vous, d’acheter en ligne en vous contentant de discuter avec votre assistant vocal. Vous n’avez même pas à allumer l’écran de votre ordinateur, l’assistant va aller chercher en ligne ce que vous désirez et va vous le proposer. Sur confirmation de votre part, il va finaliser vos courses sans que vous ayez à renseigner les informations de votre carte bancaire. Magique ? Non, c’est bel et bien du présent dont nous parlons.

On entend aussi par Voice commerce les stratégies marketing mises en place par les entreprises pour exploiter ce nouveau canal de vente, ainsi que les mesures mises en place pour rendre l’UX (expérience utilisateur) la plus agréable et la plus fluide possible. Il y a là un bouleversement qui pousse les géants de la vente en ligne (ainsi que les e-commerces plus modestes) à remettre totalement en question leurs modèles de vente.

Voice commerce : le fonctionnement des assistants vocaux

Grâce à la reconnaissance vocale, les enceintes connectées enregistrent vos paroles et sont capables d’en comprendre le sens. Une fois qu’elles ont compris la requête, elles l’exécutent (faire une recherche internet, descendre les volets roulants du séjour, commander un produit en ligne…). Certains assistants vocaux sont même capables de reconnaître votre voix, ce qui leur permet de vous proposer une expérience spécialement adaptée à vos goûts et à vos besoins.

Le fait de pouvoir reconnaître un utilisateur grâce aux spécificités de sa voix (ce qu’on appelle biométrie vocale) rend également possible de verrouiller un compte auquel seul le propriétaire a accès. Les autres membres de la famille ou de la collocation ne pourront pas adresser de requêtes à l’assistant vocal en utilisant les préférences et les données enregistrées sur le compte verrouillé. L’idéal, dans ce cas, étant que chaque occupant du foyer possède son propre compte, uniquement actionnable par la reconnaissance des particularités de sa voix.

Le Voice commerce, un marché qui ne cesse d’évoluer

Le V-commerce trouve sa source dans l’avènement des assistants vocaux. Depuis que ces derniers sont apparus sur le marché aux alentours de 2016, le commerce par la voix n’a cessé de monter en puissance. Comme ils sont l’interface entre le consommateur et le site de vente en ligne, les assistants vocaux sont le pivot de ce commerce. Et ce moyen de communiquer avec le monde, ainsi qu’avec son environnement immédiat, prend de plus en plus de place dans le quotidien, puisque aujourd’hui, par exemple, plus de 20 % des requêtes lancées sur les moteurs de recherche le sont par ce biais.

Concrètement, voici la cartographie des achats effectués par ce canal de vente : 20 % concernent l’alimentaire, 19 % sont liés à des biens ou des services de divertissement, 17 % concernent des produits électroniques et, dans 8 % des cas, on utilise le Voice commerce pour acheter des vêtements. Au vu de cette liste, on prend conscience du niveau avancé du développement de cette technologie qui permet d’effectuer des achats précis, par la seule utilisation de la voix, dans des domaines aussi divers.

Le Voice commerce : modification de nos habitudes d’achat

Dans le sillage du Voice commerce est apparu naturellement le Voice marketing. En effet : à nouvel outil de vente, nouvelles méthodes de vente. La grande révolution de ce canal (aujourd’hui le 4ᵉ en France) est que, contrairement aux publicités TV, Internet ou radio, la voix ne va plus seulement dans un seul sens, du vendeur au consommateur. Dorénavant, on a affaire à un véritable commerce conversationnel. Au sein de ce dernier, l’acte d’achat est enveloppé dans un vrai échange qui transforme les perceptions de l’acheteur. Il ne s’agit plus seulement de consulter les articles et d’ajouter au panier, mais plutôt de faire l’expérience d’une communication verbale qui conduit phrase après phrase au produit pertinent.

Ces nouvelles habitudes d’achat obligent les sites en ligne à remettre en question leurs méthodes.
D’un point de vue technique, ils doivent sans cesse travailler à perfectionner l’usage de la voix, à rendre celle-ci efficace à chaque étape de la transaction. Cette remise en question nécessaire touche même la visibilité sur le net. En effet, il va falloir revoir les stratégies SEO pour qu’elles soient suffisamment adaptées au langage oral et qu’elles maintiennent les sites d’E-commerce en top des SERP.

Les géants mondiaux développent des assistants vocaux

C’est en 2016 que la course entre les géants du GAFAM a véritablement commencé pour la conception et la commercialisation des assistants vocaux. Siri pour Apple, Alexa pour Amazon… seulement quelques années plus tard, ces noms sont connus du grand public et font référence dans le domaine de la commande vocale domestique.

assistant vocal alexa

De manière logique, ces entreprises ont continué à développer leurs assistants vocaux pour qu’ils soient en mesure de proposer au consommateur l’expérience nouvelle du Voice commerce. Si cela constitue une avancée majeure dans cette technologie, il reste un écueil qui soulève les polémiques et auquel les GAFAM devront trouver une réponse pour s’attacher définitivement la confiance du public. En effet, pour l’instant, les achats passés par les assistants vocaux sont majoritairement finalisés sur les sites d’E-commerce liés à chaque marque (Amazon pour Alexa, Monoprix pour Google…). L’enjeu pour ces géants va être d’accepter d’étendre le choix à d’autres boutiques en ligne pour éviter au consommateur le sentiment de dépendre d’une marque en particulier.

Quel avenir pour le Voice commerce ?

On le constate : le Voice commerce a beau n’en être qu’à ses balbutiements, il porte en lui le potentiel d’une méthode de vente extrêmement puissante. Que va-t-il falloir développer pour donner à ce nouveau canal de vente toute l’envergure qui lui revient ?

La transaction tourne autour de la voix. Celle du vendeur et celle de l’acheteur. C’est donc une évidence que tous les efforts technologiques devront être portés sur l’amélioration incessante de la reconnaissance vocale, ainsi que sur le niveau de qualité de la conversation. Et, si jamais le deep learning, cet aspect fascinant de l’intelligence artificielle qui permet à un programme d’apprendre par lui-même de façon continue, si jamais le deep learning s’en mêle, cela devrait aboutir à une expérience d’achat qui ne sera en rien comparable avec ce qui aura été expérimenté jusque-là.

Du côté des entreprises en ligne, il va falloir en permanence réajuster les stratégies du marketing et des mots-clés… mais, après tout, cela n’a-t-il pas toujours été l’essence de l’E-commerce que de devoir en permanence réadapter ses techniques de vente ?

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